Lamentations de la vieille femme

Publié le par seventhsea

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Ma pauvre vie s'achève au bleu d'une croisée
En fille de maison que le rouet a grisée.
Rien ne va comme au temps de ma grande beauté.
L'âge a fait revenir une orde nudité.

 
O bon Théus Clément, faites de vos fontaines
Jaillir un philtre afin qu'en moi les larmes vaines
Cessent de s'écouler. Et je veux apporter
Des preuves de ferveur qu'on ne peut contester.

 

Tu mesures le temps dans Ta Clepsydre Sainte
Tu vois comme à présent ma voix fuit, presque éteinte.
Vois mon esprit : il fuit, comme à son dernier soir.
Ma tête - on en convient - par peur fuit le miroir.

 

Las !  J'ai cru bien jouter pour que ma flamme existe
Et monte vers Tes cieux. Mais un ciel noir m'attriste
Et me fais redouter que le Salut Cordial
Très Sublime et Très Saint ne nie mon chant final.

 

Ce puissant sentiment que mes membres se lassent
Et que je touche aux cieux que les âmes enlacent,
Ah ! je le suis ainsi qu'on suit un guide pur
Débarrassant les coeurs trop las d'ennui obscur.

 

Adieu vie d'ici-bas, ô nuit de noirceurs close,
Je quitte mon tombeau où fane cette rose,
Et je vous laisse à jouer votre farce obligée.
M'attire vers les Cieux un doux faible que j'ai.

 

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Publié dans Codes secrets

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